Insectes
Abeilles solitaires : des dizaines d'abeilles, mais aucune ruche
Petites abeilles rousses ou sombres qui entrent chacune dans son trou de mortier, de terre nue ou de bois : ce sont des abeilles solitaires, osmies, andrènes ou anthophores. Sans colonie ni réserve à défendre, elles ne présentent quasiment aucun danger. Il n'y a rien à détruire, et GD Guêpes n'intervient pas ; tout au plus un joint à refaire l'hiver venu.
Mis à jour le 26 septembre 2026

- Nom scientifique
- Osmia bicornis, Andrena spp., Anthophora spp.
- Famille
- Megachilidae, Andrenidae, Apidae
- GD Guêpes
- Nous ne le détruisons pasOrientation vers la bonne personne, ou rien à faire.
« Des abeilles qui rentrent dans le mur, c'est qu'il y a une ruche derrière. » C'est la conclusion la plus naturelle, et pour ces abeilles-là elle est fausse. Derrière chaque petit trou, il n'y a qu'une femelle et quelques cellules de pollen, pas une colonie.
Solitaires, donc sans colonie
La très grande majorité des abeilles sauvages de France vivent seules. Chaque femelle creuse ou aménage sa propre galerie, y dépose des provisions de pollen et de nectar, pond, referme, et meurt quelques semaines plus tard. Il n'y a ni reine, ni ouvrières, ni rayons de cire, ni miel.
L'impression d'essaim vient du nombre : quand un mur ou un talus offre de bonnes conditions, des dizaines de femelles s'y installent côte à côte, chacune dans son trou. On voit alors un ballet serré, qui ressemble à l'entrée d'une ruche, mais chaque abeille ne s'occupe que de sa propre galerie.
Conséquence directe : sans colonie, pas de défense collective. Une abeille solitaire ne pique que si on la saisit, et le dard de plusieurs espèces peine à traverser la peau.
Osmies, andrènes, anthophores : les reconnaître à leur adresse
Plutôt que de chercher un nom d'espèce, regardez où elles entrent.
- Dans les joints du mur, les trous de brique, les tiges creuses, les cadres de fenêtre : ce sont souvent des osmies, comme l'osmie rousse, petite abeille à l'abdomen couvert de poils roux. Elles bouchent leurs galeries avec de la terre mâchée.
- Dans la terre nue d'une pelouse clairsemée ou d'une allée : des andrènes, qui creusent de petits puits entourés d'un minuscule cratère de terre.
- Dans un mur en terre, un vieux torchis ou un talus vertical : des anthophores, trapues et rapides, au vol stationnaire devant les fleurs.
Dans les trois cas, vous voyez des insectes isolés qui plongent chacun dans un trou différent. C'est le signe qui distingue ces abeilles d'une colonie d'abeilles domestiques, où toutes les allées et venues convergent vers une seule entrée.
Un pic de quelques semaines
L'activité est intense mais brève. Selon les espèces, elle culmine de mars à mai, parfois en juin. Ensuite, les femelles meurent, et les larves se développent à l'abri jusqu'au printemps suivant. Le mur redevient silencieux pour dix mois.
Faut-il faire quelque chose ?
Non, dans presque tous les cas. Ces abeilles ne font pas partie des insectes listés par l'arrêté national du 23 avril 2007, mais elles comptent parmi les pollinisateurs les plus efficaces de vos arbres fruitiers, et les détruire n'aurait aucun intérêt.
La seule gêne réelle concerne le bâti ancien. Sur un mur dont le mortier est déjà friable, des générations d'osmies ou d'anthophores peuvent agrandir les trous. La réponse est alors mécanique et se fait hors saison : d'octobre à février, rejointoyez les zones abîmées. Si vous tenez à accueillir ces abeilles ailleurs, un bloc de bois percé ou un fagot de tiges creuses posé au soleil leur offre une alternative.
Sur une pelouse, les petits cratères d'andrènes disparaissent d'eux-mêmes ; tondre ou marcher dessus ne pose pas de problème.
Ce que nous ne ferons pas
Nous ne proposons pas d'intervention sur des abeilles solitaires, et le site ne vous la vendra pas. Aucun nid à détruire, aucune colonie à retirer, et un insecticide pulvérisé dans un mur tuerait des pollinisateurs sans rien résoudre.
Si en revanche les insectes que vous voyez sont lisses, rayés de jaune franc, et qu'ils façonnent des nids de terre sur les murs, il s'agit plutôt de guêpes maçonnes, tout aussi solitaires. Et pour tout autre doute, repartez de la page quel insecte ?.
On le confond avec
Pour décider
Sources
- INPN — Osmia bicornis (Linnaeus, 1758), osmie rousse — consulté le 26 septembre 2026
- Légifrance — arrêté du 23 avril 2007 fixant les listes des insectes protégés sur l'ensemble du territoire — consulté le 26 septembre 2026